I.

Le « Système d’information
comptable (SIC) »
Étant un
concept passe-partout, le mot « système » est généralement utilisé
pour désigner « un ensemble d’éléments en relation de dépendance réciproque
établi en vue d’accomplir une mission quelconque ». Le Système d’Information
comptable désigne « un ensemble de règles, de procédures, de méthodes
et de techniques qui sont destinées à organiser, gérer et contrôler le
processus de collecte et de traitement des données financières et ainsi que la communication
de l’information financière nécessaire à la prise de décision concernant une
entité économique ».
Au regard
de l’importance des décisions financières dans une institution, le SIC joue un rôle
prépondérant dans le système global du management des entreprises. Grâce à l’information fournie, il contribue
non seulement à la satisfaction des besoins en informations des utilisateurs, mais
aussi à la mise en place d’instruments de gestion, nécessaires au pilotage et
au management stratégique d’une institution. Les principaux facteurs influençant
le système d’information comptable (SIC) d’une entreprise sont :
a) La
dimension ou taille ;
b) La forme
économique ;
c) La forme
juridique ;
d) Et Les
exigences légales et professionnelles en matière de présentation de
l’information comptable
II.
L’offre et la demande d’information
comptable
Sachant
que l’information en général constitue une ressource d’importance capitale pour
l’entreprise dans le sens qu’elle a une influence considérable sur les décisions,
on peut considérer l’information comptable comme un produit qui obéit à la loi
de l’offre et la demande comme n’importe quel autre produit sur le marché. Ainsi, il existe une forte demande pour l’information
fournie par les services de comptabilité des entreprises. Pour mieux comprendre cette situation, il est nécessaire
de faire une séparation entre ceux qui possèdent l'entreprise (demandeurs) et
ceux qui la contrôlent (offreurs). Généralement,
la communication de l’information comptable suscite deux enjeux spécifiques liés
à des nuances de compréhension entre les investisseurs et les gestionnaires de
l’entreprise :
1. L’Aléa
moral (risque) : les investisseurs et les dirigeants peuvent
avoir des divergences d'opinion sur la meilleure façon d'utiliser les
ressources d'une entreprise. Cet enjeu est élucidé grâce aux rapports
financiers qui aident à comprendre façon dont les gestionnaires utilisent ces
ressources.
2. Asymétrie
d'information : l'idée que les dirigeants de l'entreprise ont plus
d'informations sur les performances de l'entreprise que les investisseurs, qui
sont en grande partie des parties passives externes. Les rapports financiers
aident à atténuer cette différence d'informations en fournissant des
informations sur ce qui se passe au sein de l'entreprise.
L'offre
de l’information comptable provient des managers qui cherchent à diminuer le
cout de capital dans leur quête d’obtention de capitaux pour gérer leur
entreprise et développer leurs activités. Quand les rapports financiers d’une
entreprise témoignent une solidité dans sa situation financière et une performance
élevée au cours des récents exercices, cela aidera les dirigeants à obtenir un
coût du capital inférieur pour leur entreprise.
Rappelons
que l’expression « Coût du capital » désigne le montant qu'une
entreprise doit payer pour obtenir des capitaux supplémentaires nécessaires à
son financement. Par exemple, au regard des dettes, un meilleur coût du capital
serait un taux d'intérêt plus bas, pour les capitaux propres, les investisseurs
peuvent exiger un rendement inférieur sur leur investissement pour acheter une
action si l'entreprise a un coût du capital inférieur. Quand les investisseurs
ne disposent pas d'informations, soit ils exigeront un meilleur retour sur leur
investissement, soit ils n'investiront pas du tout.
Ainsi, on
peut dire que le but de l'information financière est d'aider à réduire ce coût
du capital et à rendre les marchés financiers plus liquides.
III.
Les conflits d'intérêts
liés à la communication de l'information comptable
En ce qui
concerne la communication de l’information comptable, il est possible de
distinguer trois (3) groupes d’acteurs entre lesquels des besoins en
information qui ne sont pas toujours définis créent des relations d’une
certaine complexité pouvant déboucher à des « conflits d’intérêts » ;
en dépit du fait que la manière conventionnelle de préparer les états
financiers devraient concilier les attentes de tous les concernés. Ce sont :
« la Firme », c’est-à-dire
l’entreprise considérée du point vu comptable comme une personne distincte de
ses propriétaires, dans le sens que les opérations de l’entreprise doivent être traitées de manière
distincte de celles de ses propriétaires et de toutes les autres entités
économiques, quelle que soit sa forme juridique ou économique ; « le
comptable », c’est-à-dire l’unité administrative ayant la
responsabilité de préparer l’information comptable au sein d’une institution donnée ;
et « le Lecteur », c’est-à-dire les différents utilisateurs ou
usagers de l’informations comptables qui auront à prendre des décisions sur la
base des informations comptables de l’entreprise.
Selon R. M. CYERT,. et Y. IJIRI, (1974),
les trois acteurs trouvent un terrain d’entente seulement quand la
firme accepte de publier des informations que les comptables sont à même de
mesurer et de vérifier, et qui sont perçues comme utiles par les lecteurs, c’est-à-dire
l'ensemble des informations sont jugées satisfaisantes, pertinentes et
mesurables par les trois groupes (ZONE I). Cependant des situations conflictuelles
surgissent lorsque :
- la firme
est prête à divulguer les informations, que les lecteurs jugent pertinentes et utiles,
mais que la profession comptable n'est pas à même de mesurer et/ou vérifier
étant donné l'absence de techniques adéquates et fiables.(
ZONE II)
- la firme
est prête à divulguer des informations qui sont mesurables et vérifiables par
les comptables, mais qui, finalement, ne sont pas jugées tellement pertinentes
pour la prise de décisions par les lecteurs (la petite caisse par exemple).
(ZONE III)
- des informations
sont jugées utiles par les lecteurs, et mesurables et vérifiables par les
techniques comptables, mais que la firme n'est pas disposée à divulguer (la
comptabilisation des baux à long terme et des régimes de retraite) (ZONE
IV)
- La firme
est prête à divulguer des informations qui ne sont pas vraiment pertinentes pour
les utilisateurs et/ou que la comptabilité n’est pas a même de préparer (ZONE
V)
- la
profession comptable est prête à mesurer des informations, mais qui ne
présentent aucun intérêt pour la firme et les lecteurs (ZONE VI).
-
Les utilisateurs
exigent des informations que les techniques comptables ne permettent pas de préparer
et/ou que la firme n’est pas prête à divulguer (comptabilité à la valeur
actuelle). (ZONE VII)

IV.
Le processus d’Enregistrement
et de classification des données comptables
Avant de
disposer de l’information comptable à communiquer aux utilisateurs, le service
de comptabilité suit un processus bien établi en utilisant des documents
comptables dont le format est quasiment identique pour collecter les données et les traiter convenablement. Par
exemple, la comptabilité exige l’utilisation de journaux dont la fonction
exclusive est l’enregistrement méthodiques des informations financières.
Cependant, rappelons qu’une « pièce justificative » est
indispensable pour enregistrer une donnée comptable dans les journaux dédiés à
cet effet. En vue de prévenir la perte de documents, il est exigé que l’enregistrement
des transactions doit se faire le plus tôt que possible.
Pour être facilement compréhensible par l’intelligence humaine, les innombrables informations
enregistrées doivent être classées et l’outil de classification des
informations comptable est appelé « Compte ». Chaque entreprise dispose
d’un « plan comptable » également appelé « charte des
comptes » qui définit le nombre, la codification et l’appellation des
comptes utiliser dans cette entreprise. Ensuite, après l’enregistrement dans
les journaux, les données financières seront synthétisées dans les comptes qui
sont regroupés dans le grand livre
La présentation
de l’information comptable se fait à l’aide de tableaux résumés appelés « Etats
financiers », dont les quatre (4) principaux sont :
- L’etat
des resultats (income statement) qui résume la performance économique
d’une entreprise au cours d’une période donnée ;
- L’etat de
l’avoir (owner’s equity) qui aide à comprendre les modifications
survenues dans la propriété d’une entreprise au cours d’une période donnée ;
- Le Bilan (balance
sheet) qui présente la situation financière d’une entité économique à une date précise,
en présentant ses ressources et ses obligations.
- l’état de
l’évolution de la situation financière (statement
of cash flows) qui aide à comprendre comment l’entreprise obtient ses capitaux
et comment elle les a utilisés d’une période à l’autre.
Compilés avec les "notes explicatives", ces quatre etats financiers forment ce qu'on appelle "le Rapport annuel" d'une entreprise.
V.
L’information comptable et
les décisions financières de l’entreprise
Comme mentionné
dans article précèdent, l’information comptable est d’importance capitale dans
la prise de bonne décisions financières, nécessaire à assurer le bon fonctionnement, la croissance et la pérennité
de l’entreprise. Rappelons que généralement une entreprise prend trois (3) grandes
catégories de décisions financières :
- Décisions liées à l’investissement,
consistant à allouer de façon
efficace des ressources rares dans des investissements risqués (court, moyen
et long terme) afin de maximiser la valeur de l’entreprise pour enrichir
les actionnaires. S’appuyant sur de l’information comptable, le
gestionnaire financier effectuera des calculs nécessaires à l’analyse de
la rentabilité de chaque projet d’investissement avant de faire un choix,
et conséquemment investir.
- Décisions liées
au financement les activités de l’entreprise visant à
procurer des fonds a l’entreprise au meilleur coût possible, c’est-à-dire le
moins onéreux en vue de maximiser la valeur de l’entreprise ou le prix de
son action sur le marché. Ainsi, il faudra une analyse des états
financiers de l’entreprise notamment le bilan pour connaitre la structure financière
de l’entreprise en vue de savoir s’il faut utiliser les fonds
propres, emprunter ou solliciter des capitaux de nouveaux actionnaires ou
associés.
- Décisions liées au
partage de bénéfices, étant une conséquence des
décisions d’investissement et de financement, consistant à savoir à quel
moment il faut distribuer des bénéfices et en quelle quantité. Les bénéfices repartis ou distribués (dividendes)
deviennent des ressources abandonnées ou perdues en tant que financement de
l’entreprise. La prise d’une telle décision découlera d’une analyse préalable
de la situation financière de l’entreprise et surtout de sa performance au
cours du ou des précédent(s) exercice(s) comptable(s).
VI.
Quatre Qualités essentielles de
l’information comptable
Considérant
l’importance de l’information comptable et son impact éventuel sur le succès ou
la faillite d’une institution, il devient indispensable que cette information respecte
certains critères qui détermineront sa qualité. Avant tout, le service de comptabilité doit
s’assurer de produire, au cout le plus faible possible, les informations
financières les plus utiles aux décideurs. Au-delà
des principes comptables généralement reconnus (postulats, principes et
contraintes comptables) qui guide la préparation et la communication de l’information
comptable, on peut en identifier quatre (4) qualités essentielles : la fiabilité, la pertinence, la
compréhensibilité et la comparabilité.
a)
La fiabilité de l’information comptable signifie qu’elle doit
être exempte d’erreurs et de partis pris et que l’on peut s’y fier. Ainsi, elle
doit être vérifiable à partir de pièces justificatives, et factuelle
en reflétant une image fidèle du contenu économique des opérations de l’institution.
b)
La pertinence de l’information comptable désigne
le fait que c’est obligatoirement une information qui est susceptible d’influer
sur les décisions des utilisateurs en les aidant à prédire des résultats
futurs (prédiction) ; à confirmer ou corriger les prédictions antérieures
(rétrospection). Donc, l’information comptable pertinente doit-être
disponible au bon ment (opportune), c’est-à-dire il faut que le décideur puisse
avoir accès à l’information à un moment où elle est encore susceptible
d’influer sur ses décisions.
c)
La compréhensibilité de
l’information comptable renvoie l’exigence selon laquelle l’utilisateur
moyen doit être en mesure de comprendre sans grande difficulté l’information
fournie par le service de comptabilité d’une entité économique. On peut considérer comme “utilisateur
moyen ou utilisateur averti”, toute personne disposant
d’une bonne connaissance des activités commerciales et économiques de l’entité économique
en question ainsi qu’une connaissance de base en comptabilité.
d)
La comparabilité de
l’information comptable signifie qu’on doit être en mesure de comparer les
informations de différentes entreprises utilisant les mêmes principes
comptables. On doit aussi pouvoir comparer les informations comptables de
plusieurs exercices comptables, car l’entreprise utilise les mêmes principes et
méthodes comptables d’un exercice à l’autre (permanence des méthodes).
VII.
Utilisateurs de
l’information comptable
Il est
important de se rappeler que trois (3) groupes d’acteurs sont concernés par l’information
comptable. Il s’agit premièrement des « Préparateurs », c’est-à-dire
les gestionnaires et comptables (teneurs de livres, commis-comptable et expert-comptable)
de l’entreprise, qui ‘assurent de la collecte des données financières et de la préparation
des états financiers en vue de faciliter la prise de décisions des utilisateurs.
Ensuite, on peut considère les « Vérificateurs » qui assistent
les utilisateurs de l’information comptable en émettant une opinion
professionnelle sur la fidélité et la pertinence de l‘information comptable
fournie par les préparateurs avec pour objectif de renforcer sa crédibilité. Et finalement, on trouve les « Utilisateurs »
qui s’appuient sur les informations comptables pour la prise des décisions
concernant l’entreprise.
On considère
comme « utilisateurs de l’information comptable » toute
personne physique ou morale qui
aura à prendre des décisions concernant une institution en se basant sur les
informations fournies par le service de la comptabilité. Ils sont divisés en
deux grandes catégories :
|
Utilisateurs
internes
|
Les
gestionnaires
|
Analyser l’efficacité de
leurs décisions et améliorer la gestion de l’entreprise
|
|
Les
employés
|
S’assurer de la capacité de l’entreprise à garantir le paiement
de leurs salaires et analyser la possibilité d’exiger de meilleur traitement.
|
|
Les
actionnaires
|
Analyser l’efficacité des décisions des gestionnaires au regard
de leur objectif d’enrichissement.
|
|
|
|
Utilisateurs
externes
|
Les Créanciers
( banques, fournisseurs, …)
|
Analyser la solvabilité de l’entreprise pour savoir s’il faut ou
non conclure des transactions à crédit avec elle.
|
|
Investisseurs
potentiels
|
Analyser la capacité de l’entreprise à garantir le rendement de
leurs investissements éventuels.
|
|
Les
concurrents
|
Comparer leurs situations, s’inspirer pour mieux se positionner
sur le marché.
|
|
Agences
gouvernementales (le fisc et autres),
|
Savoir si l’entreprise a respecté ses obligations envers l’État,
notamment en ce qui concerne la sincerité des déclarations fiscales.
|
|
Groupes
de pression (écologie, droits de la personne, etc.)
|
Exiger une meilleure contribution de l’entreprise à la
protection de l’environnement, des droits de l’homme, ect.
|
|
Clients
|
S’enquérir sur l’évolution de la situation financière de leur
fournisseur et de sa capacité continuer à les desservir.
|
|
Partis
politiques
|
Mieux définir l’aspect économique de leur programme politique
|
- Bibliographie :
- A.
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theorie comptable, University of Illinois at Chicago
- H., Stolowy, Y.,
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Onnaing (France).
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